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Technique mixte sur intissé 100 X 100 cm

Sylvie Deparis

Sylvie Deparis

Puisant à la source de l'univers végétal, perçu comme
équilibre dynamique de flux, circulation de souffles, Sylvie Deparis mène une recherche
de transcription des rythmes du Vivant, dans une approche énergétique et
sensorielle.

Cette transcription passe par l'identification corporelle
aux rythmes du végétal, aux vibrations qui l'animent et en émanent, une
déprise de soi, un déconditionnement du connu. « D'abord, non pas faire, mais
se défaire, de l'établi, du figé », écrit Henri Michaux. Ne pas vouloir saisir,
ni s'approprier comme le fait le concept qui circonscrit pour maîtriser, mais
simplement tendre à l'immersion.

Pour communier avec les infinies variations et les multiples
métamorphoses de ce qui est, pour seulement apercevoir « l'apparition disparaissant
», le corps cherche l'ouvert, la fluidité, le questionnement de l'inconnu, et
dans ce désir de l'intime, structure et façonne l'expérience créatrice.

Dans l'état d'abandon, la présence végétale dicte à la main son invisible
vibration : lieu de l'équilibre instable, la ligne naît de l'indifférencié en
quête d'une expression poétique du Vivant.

Dans une acceptation de la vulnérabilité, une recherche d'approfondissement, le
corps a capacité d'harmoniser son propre rythme avec celui d'un autre être,
d'un lieu, ou d'autres phénomènes vibratoires, par les forces, le mouvement,
autant que par les silences, l'interstice. Il se laisse traverser par le réel
irréductible, ce quelque chose qui échappe à la signification.

Sensorialité, sensualité, donnent accès au lieu de l'unification d'où la force
tantôt foisonne, jaillit, s'érige, tantôt s'enfouit dans les mystères de la
substance.

Cette rencontre entre le corps et le monde requiert une très grande proximité
avec l'élément végétal, et s'appuie sur la pratique de la respiration,
l'attention, le regard : travail dans la nature ou en ramenant des végétaux à
l'atelier, dans un contact intime avec l'arbre, la branche, l'entrelacement de
lianes, jusqu'à en éprouver
corporellement la concrétude, l'aspérité, la « saveur ». Le processus du
regard, en une vision-sensation, ouvre les formes statiques en lesquelles se
révèle l'élan générateur qui les a façonnées et les parcourt.

Le tangible n'est pas évacué mais au contraire dilaté jusqu'à devenir si ample
que se dissolvent les limitations, contradictions, oppositions.

La ligne est action rituelle autour du trait répété, mêlé, entrelacé,
superposition de flux variés, enchevêtrement de palpitations.

Elle associe fragmentation et continuité : fragmentation de la perception sensorielle
qui ne se vit que dans l'instant, continuité ou plutôt « continuum » du Tout,
ce fond indéterminé d'où tout provient et auquel tout ne cesse de retourner.
Elle est développement rhizomique de variations d'une même perception, comme
les multiples facettes d'une seule et même réalité.

Réalisé par Com-Océan